« L’observation de l’augmentation du poids réside principalement dans une méconnaissance de quelques repères simples à mettre en œuvre, en matière d’alimentation et d’activité physique, tels que la répartition des différents groupes d’aliments consommés, les déficiences en certains micronutriments, le déséquilibre entre les différents apports caloriques et les dépenses énergétiques grâce à la pratique d’une activité physique adaptée et le mode de consommation (rythme alimentaire, etc). Elle peut être accentuée par certaines spécificités culturelles, notamment en Alsace où les habitudes alimentaires favorisent la prise de poids.
Les enquêtes en milieu scolaire de l’Observatoire Régional de Santé en Alsace (ORSAL) ont mis en évidence que les comportements alimentaires d’une majorité d’enfants âgés de 6 ans ne correspondent pas aux recommandations émises dans le cadre du PNNS (Plan National Nutrition Santé). Ainsi, la prévalence de la surcharge pondérale (obésité ou surpoids) chez les enfants âgés de 5 à 6 ans atteint 17,6% dans la région (5,3% d’obèses)(2) et 27,2% des collégiens en classe de 6ème étaient en surpoids ou obèses en 2001.
Plus de la moitié des adultes alsaciens âgés de 35 à 64 ans savent que le sport est un moyen pour contribuer à réduire les risques de survenue de maladies cardiovasculaires, pourtant ils ne sont que 32% à 47% à pratiquer une activité sportive régulière (deux heures de sport par semaine ou plus). De même, seule la moitié des enfants et adolescents de 6 à 18 ans ont une activité sportive régulière et le taux de pratique décroît avec l’âge. 57% des enfants de 6 ans n’ont pas d’activité sportive organisée et 1 seul enfant sur 20 y consacre plus de trois heures dans la semaine(3). La consommation passive de loisirs domine (télévision, jeux vidéo) : selon le Baromètre Santé 2000, 70% des adolescents alsaciens déclarent avoir regardé la télévision la veille de l’enquête pendant plus d’une heure(4). »
Dans ce contexte, les résultats du projet ICAPS(5) 2002 – 2006 mis en œuvre dans la région montrent que la prévention de l’obésité chez les jeunes, notamment par sensibilisation aux méfaits de la sédentarité, est possible grâce à un large partenariat et une mobilisation collective. ICAPS a notamment permis de démontrer que les changements de comportements en matière d’alimentation et d’activité physique s’accompagnent d’une diminution de 50% du risque d’être en surpoids et favorise une augmentation de 6% du HDL-cholestérol, le « bon cholestérol »
2 : DRESS. L’état de santé des enfants de 5-6 ans dans les régions. Les disparités régionales appréhendées au travers des bilans de santé scolaire. Etudes et résultats. N°253, juillet 2003
3 : ORSAL,la santé des enfants de 6 ans en Alsace, 2001-2002.
4 : Baromètre santé 2000 « Les comportements des 12 – 25 ans ».
5 : ICAPS (Intervention auprès des Collégiens centrée sur l’Activité Physique et le comportement Sédentaire), mis en œuvre par le groupe d’étude sur la nutrition de l’Université Louis Pasteur de Strasbourg sur près de 1 000 élèves de 6ème issus de 8 collèges du département du Bas-Rhin